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kascollet

Histoire Des Warwick - Première Partie - 1982-1992

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Salut à tous

Pour les amateurs de basse électrique en général, et des Warwick en particulier, je présente aujourd'hui une histoire de la marque allemande, vue sous le prisme des instruments eux-mêmes. Ma bafouille est une traduction libre d'un gros travail réalisé par un italien et visible sur Megabass.it

LE propos est en deux parties, la suite est ici.

Pour agrémenter votre lecture, voici une concaténation de plusieurs sons de Warwick, réalisés par votre serviteur.

Y en a pour une bon quart d'heure, ça devrait suffire http://forum.onlybass.com/public/style_emoticons/#EMO_DIR#/laugh.gif

http://www.megacerebral.com/kascollet/reviews/histowick/histowick.mp3

C'est bon, vous êtes bien assis ? Alors voici l'Histowick.

INTRODUCTION

La marque Warwick est née en 1982. L'histoire de Warwick est librement visible sur le site de la marque. Il est à noter que son fondateur, Hans Peter Wilfer, fils du fondateur de Framus, a passé ses jeunes années entre les bois, les luthiers et les décideurs, plutôt que sur le terrain de football comme tout jeune homme normal.

Bien que relativement jeune, en 1982, il a donc déjà accumulé une certaine expérience dans l'art de la construction des instruments et les caractéristiques du bois. Tirant parti des contacts préexistants de son père et de Framus, il constitue au préalable un véritable trésor de planches de bois de bonne qualité, qui garantira l'approvisionnement en matières premières des futures basses de la nouvelle marque pour un bon moment. Warwick est, au début, une entreprise très différente de celle que nous connaissons aujourd'hui, à la fois par la taille et par la philosophie. En 1984, la capacité de production est d'environ 60/70 instruments par mois. Il convient de se rappeler que, dans les premières années, les instruments Warwick sont entièrement fabriqués à la main, de sorte que la seule façon à l'époque d'étendre la capacité de production était d'augmenter le nombre de luthiers employés.

C'est parti pour de somptueuses pelles !

NOBBY MEIDEL 1982-1992

Construite en collaboration avec un bassiste allemand, Nobby Meidel, cette première basse a été inspirée par la basse sans tête Steinberger.

La Nobby Meidel a été produite de 1982 à 1992, en un millier d'exemplaires. Elle a représenté une sorte de laboratoire pour Wilfer, qui a mis en oeuvre pour la première fois ses convictions et ses connaissances sur les caractéristiques du bois. Le wenge est par exemple utilisé pour la première fois pour le manche des Nobby Meidel. Le corps est en palissandre, et après quelques premières expériences, le manche est stratifié wengé et palissandre, ce qui donne au tout une rigidité proche du carbone. La Meidel Nobby marque aussi le début d'une longue et fructueuse collaboration entre Warwick et Schaller. Ce dernier réalise un chevalet spécifique pour cette basse, selon les spécifications fournies par Warwick. Initialement, les micros sont fournis par EMG ou Schaller, puis, après 1984, il devient possible de commander en option des micros et une électronique Alembic. À cet égard, la Nobby Meidel est la première basse non produite par Alembic à embarquer les micros et le préampli de Ron Wickersham. Jusque-là, Alembic n'avait jamais accordé l'utilisation de ses composants à des luthiers tiers. En collaboration avec Sennheiser, Warwick conçoit également un modèle très spécial, qui incorpore un système sans fil, appelé "Researcher I".

Avant de passer aux modèles plus célèbres dans les années suivantes, il est intéressant de noter que Wilfer, du moins au début, est fermement convaincu que l'avenir de la basse électrique passe par des modèles headless. A cette époque, le projet de nouvel instrument est d'ailleurs headless. Ce projet aboutira plus tard sous le nom de Thumb, mais avec une tête.

STREAMER 1984-85

Le design de cette deuxième basse est issu d'un brevet déposé par Ned Steinberger, qui est déja utilisé par Stuart Spector. Cette concurence va causer un différend au long cours entre Spector et Warwick. Les premiers exemplaires de la Streamer montrent l'inspiration évidente de la NS Spector. La tête n'est pas propre à Warwick, mais presque identique à celle de la Spector, sans les mécaniques inclinées actuelles. De la NS, la Streamer copie également la forme concave du corps. En conséquence, le couvercle du trussrod des premières Streamer stipule "Licensed by Spector".

Cette mention disparaitra plus tard avec l'introduction du sigle W en abalone sur la tête et le changement de la forme de la tête.

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Quelles sont les différences par rapport à la Spector, en particulier dues au choix des bois ? Le manche est un stratifié en 5 pièces, 3 larges bandes de wenge séparées par deux fines lamelles d'érable. La touche est en wenge. Les deux ailes du corps sont en cerisier (cherrywood). Les premières Streamer ont également d'autres caractéristiques qui deviendront typiques des Warwick. Comme la Nobby, la Streamer a par exemple une finition naturelle cirée. En fait, il ya aussi des exemples de Warwick de couleur dans ces années, mais ils sont très rares. L'électronique est signée MEC avec une égalisation à deux bandes, module identique à celui mis au point pour la Nobby. L'opinion est très répandue, et erronée, que l'électronique MEC a été introduite plus tard, en même temps que les micros MEC. En fait, cette électronique est montée d'origine sur toutes les Warwick depuis les premières heures. Warwick n'a par contre pas développé sa propre gamme de micros immédiatement, mais s'est tourné vers les fabriquants spécialisés, ce qui est d'ailleurs courant à l'époque à ce niveau de gamme.

Les choix de micros proposés sont principalement EMG, Bartolini, Seymour Duncan, OBL (par Bill Lawrence) et Alembic. La disposition des micros de la Streamer est toujours en vigueur aujourd'hui, un split-coil et un simple (P + J). Une des caractéristiques également empruntée à Spector est que les deux éléments du P sont inversés par rapport à la norme (la Precision Bass), puisque les aimants relatifs au RE et au SOL sont près du manche, et ceux du MI et du La coté chevalet. Le chevalet est le 3D de Schaller qui fournit également les potards, les mécaniques et les incrustations de la touche. La pile est placée directement dans le compartiment électronique. Autres éléments très caractéristiques introduits sur la Streamer le sillet laiton réglable Just-A-Nut-1 (qui ne s'appelait pas encore ainsi) et les frettes plus ou moins grosses, faite d'un alliage spécial de bronze et d'argent, avec sa couleur dorée caractéristique, frettes qui selon la maison Warwick constituent un ingrédient clé dans le son de leurs basses.

Le son de ces Streamer est en effet très intéressant, en particulier en raison des propriétés des bois employés. D'une part le manche majoritairement en wenge amène agressivité et brillance, d'autre part le corps en cerisier donne chaleur et douceur, mais toujours en respectant la propreté et la définition du son, qui n'est jamais boueux. Le résultat est un timbre grave, granuleux, mais aussi capable d'être docile et calme. Dès cette incarnation précoce de la Streamer on retrouve le grondement caractéristique (du à la grande quantité de wenge qui compose le manche), qui sera le sens principal du slogan de la marque, le "Sound of wood", en plus de la prédisposition naturelle à percer le mix, prérogative Warwick dès le début.

STREAMER 1985-87

En 1985, changement du design de la tête avec l'introdution de la tête Warwick moins trappue et plus travaillée que le design Spector

Peu de temps après, les mécaniques sont inclinées vers le manche.

Voila une forme de transition avec la nouvelle tête mais sans inclinaison des mécaniques

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A cette époque, les lattes d'érable du manche sont remplacées par des bandes en cerisier (comme les ailes du corps). L'érable des toutes premières est reconnaisable à sa couleur un peu plus claire que le cerisier.

Erable + cerisier

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Cerisier + cerisier

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JD THUMB - 1985-86

La thumb est la première basse conçue intégralement par Warwick, si l'on considère que la Nobby Meidel et la Streamer sont d'inspiration Steinberger et Spector.

Les initiales JD sur la première version de la Thumb sont celles d'un bassiste américain, militaire affecté en Allemagne, qui a joué un rôle actif dans la création du modèle.

De la Streamer, la Thumb hérite de plusieurs caractéristiques, mais diffère par de nombreux éléments importants.

Tout d'abord le manche conducteur est fait de 7 pièces de bois au lieu de 5. Les 4 lattes de wenge sont séparées par 3 lattes de bubinga (plus larges que les lattes érable/cerisier de la Streamer). La touche supporte 26 frettes comme la Nobby Meidel, et le manche est dissimulée par une table rapportée au niveau du corps, construction dite "hidden-neck". Dans la pratique, le manche s'amincit considérablement quand il pénètre dans le corps, ou il est recouvert d'un bloc de bubinga. Ce bloc central accueille donc les micros et le chevalet, ce qui influence le son. Les ailes du corps sont également en bubinga. Le manche est légèrement plus large au sillet que la Streamer : 40,5 mm contre 40,0 mm, la largeur à la 24ème case restant identique (60 mm) Pour la configuration micro de la JD, Warwick choisit le J + J. Là encore, toutefois, le positionnement des micros n'est pas standard car le micro chevalet est placé en diagonale, dans le but d'augmenter le volume et les graves des cordes aigues et la définition des cordes graves. En dehors de quelques détails, cette première JD Thumb a donc déjà toutes les caractéristique qui resteront fixes les années suivantes.

Mécaniques en retrait dans la tête creusée

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Quelques têtes de Thumb de l'époque (les deux de gauche). Admirez la lutherie :

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En ce qui concerne le son, Warwick va encore plus loin dans la voie déjà prise par la Streamer.

L'utilisation à la place du cerisier du bubinga sur la JD Thumb, bois nettement plus dense, rend le son beaucoup plus dur et agressif. La définition de mediums est élevée au maximum, résultant en un timbre grave et sombre comme peu d'autres. Une sorte de Jazz Bass très énervée. La Thumb devient bientôt le fer de lance par excellence de Warwick, et contribue à lui donner une certaine visibilité et identité sur le marché.

En 1986, est présentée la version 5 cordes de la Thumb, avec un manche toujours en 7 pièces. La Thumb 5 n'est pas une simple réplique de la 4 avec une corde de plus. Le micro manche est en effet nettement rapproché, voir collé au micro chevalet et parallèle à celui-ci. La Thumb 5 est donc encore plus extrême que la 4 cordes, et ses 2 J rapprochés en font une 5 cordes d'une agressivité assez extrème.

Pour cette première 5 cordes, Warwick choisit un écartement intercordes étroit, bienvenu pour certains, détesté par les autres. A l'époque, la Thumb est la première basse 5 cordes produite en Europe. Le modèle subira dans les années à suivre plusieurs restyling mais, contrairement à la Streamer, demeurera essentiellement inchangé jusqu'à nos jours.

1987: Le chevalet façon Alembic

En 1987, Warwick introduit le chevalet maison en deux parties, clairement inspiré de celui des Alembic. La conception du chevalet est la propriété de Warwick, même si la production est de nouveau confiée à Schaller. Il est en deux pièces de laiton, même matérieu que son prédécesseur, le Schaller 3D. Visuellement très différent du 3D, il en conserve cependant les caractéristiques principales et permet à l'utilisateur de régler tous les paramètres de son instrument (hauteur du chevalet - hauteur de chaque corde - intonation - distance entre les cordes).

Avant

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Après

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STREAMER STAGE 1 1987-1989

1987 a été une année charnière dans l'histoire de la Streamer, en raison de la simultaneité de trois événements majeurs :

1) introduction de la Streamer Stage 2, la modèle existant prennant le nom de Streamer Stage 1. Jusqu'à épuisement du stock de plaque de trussrod, les deux modèles portent l'ancien nom sur la tête "Streamer Bass".

2) introduction du chevalet type Alembic. Des exemplaires de la première partie de 1987 ont encore l'ancien chevalet. Quelques rares exemplaires de transition de la Stage 1 en cerisier ont été produites avec le nouveau chevalet, avant le changement du bois du corps.

3) apparition de l'érable ondé. Warwick choisit de changer un peu la définition de la Streamer pour créer la Stage 1, abandonnant le cerisier au profit de l'érable flammé. L'impact du point de vue esthétique n'est pas particulièrement évident. La construction est en fait similaire, avec la différence évidente que les bords du manche sont en l'érable, ainsi que les ailes du corps. L'introduction de l'érable flammé est postérieure à celle du chevalet en deux parties.

Stage 1 érable de 1989

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Pour résumer la situation dans les Streamer Stage 1 des années quatre-vingt, il existe trois variantes principales:

1. version initiale, manche wenge/érable, corps cerisier

2. version sans érable, manche wenge/cerisier, corps cerisier

3. version sans cerisier, manche wenge/érable, corps érable

Au cours de cette période ont également été fabriquées quelques Stage 1 avec un seul micro double Bartolini style Musicman.

Rare Stage 1 avec un Humbucker

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THUMB 1987-89

En 1987, la Thumb subit une refonte, suite à une collaboration cette fois beaucoup plus étroite avec Jack Bruce. Le restylage modifie légèrement la jonction entre le corps et le manche conducteur. La refonte concerne également la tête, avec l'adoption de mécaniques traditionnelles au lieu de celles en retrait dans la tête creusée. Les initiales JD disparaissent de la tête de la Thumb qui devient juste Thumb Bass. Comme précédement, certains exemplaires de transition portent encore les initiales JD jusqu'à épuisement de l'ancienne plaquette. L'adoption du chevalet deux pièces commence progressivement sur les Thumb en 1987, mais en tout cas après le remaniement. Toutes les JD Thumb ont donc l'ancien chevalet. A partir de 1988, les Thumb sont toutes équipées du nouveau chevalet.

Courant 1988, la Thumb subit un petit changement, le manche est déplacé un peu plus en dehors du corps.

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C'est à cette époque qu'est introduite la version 6 cordes de la Thumb. La 6 est dérivé de la 5 corde, avec la différence substantielle pour les micros qui sont deux soapbars Bartolini. Ces soapbars sont inclinés comme les 2 J de la 5cordes.

Pendant des années, seuls ces micros Bartolini seront disponibles sur les Warwick 6-cordes. Si la Thumb 4-cordes est déja une basse lourde et un peu déséquilibrée, la version 6-cordes porte ces deux défauts à un niveau extrème. On note à cet époque l'apparition sur certains spécimens du bubinga pommelé, une variante de bubinga qui n'apporte rien de plus en termes de son, mais contribue à un bel effet visuel.

STREAMER STAGE 2 1987-1989

Tel que mentionné plus tôt, en 1987 sort un nouveau modèle. La Stage 2 reprend la forme de la Stage 1, bien qu'elle soit légèrement modifié, et la technique de construction de la Thumb. La manche est alors un 7-pièce, semblable à celui de la Thumb (y compris en ce qui concerne la largeur) avec deux différences, les trois lattes en afzelia au lieu du bubinga, et une touche à 24 frettes (comme la Stage 1).

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Il est à noter que certaines rares Streamer Stage 2 ont un manche en wengé/érable (ou cerisier), avant l'adoption définitive du couple wengé/azfélia.

Le corps de la Stage 2 utilise un nouveau bois, l'azfélia. Le choix des micros est en quelque sorte un juste milieu entre les deux soeurs aînés de la Stage 2. En fait, la configuration JJ de la Stage 2 est proche de celle de la Thumb 4 cordes, à ceci près que le micro chevalet est droit et un peu plus loin du chevalet. Comme sur la Thumb, la manche conducteur est caché sous la table, et les micros et le chevalet sont situés sur le bloc d'afzelia couvrant le manche. L'électronique MEC est le 2 bandes eprouvé, et est équipé d'un potentiomètre interne qui permet de sélectionner l'un des 3 presets fournis. Les presets influent sur le volume de sortie et le volume des mediums. Les inlays plutôt grands sont des Ying/Yang, un peu flashy mais faisant de l'effet.

Le son de cette nouvelle basse est typiquement Warwick, mais diffère des deux autres modèles. L'afzelia procure des graves très profonds, mais en même temps très définis. Assez loin de la nouvelle Stage 1 en érable, la Stage constitue un compromis entre l'ancienne Streamer en cerisier et la Thumb. Probablement le modèle le plus équilibré en termes de son jamais réalisé par Warwick. Le volume de production des la Stage 2 est beaucoup plus faibles que dans celui de la Stage 1 et de la Thumb, et cela est particulièrement vrai pendant les premières années de la vie du modèle. Pour cette raison, il est difficile de trouver une de ces Streamer Stage 2 originelles. En 1989, sort la version 5 cordes. Contrairement à ce qui s'est passé quelques années avant avec la Thumb, dans le cas de la Stage 2, Warwick ne fait qu'ajouter une corde, sans repenser la disposition des micros. La différence sonore entre les Stage 2 4 et 5 cordes est donc moins évident qu'entre les Thumb 4 et 5 cordes.

Alors que les Stage 2 de cette période sont rares, la version 5 cordes l'est encore plus. Les Streamer Stage 2 de la fin des années 80 sont à ce titre un des modèle les plus recherchés de l'histoire des Warwick.

BUZZARD - 1986

La Buzzard est née en 1986, d'une collaboration avec un bassiste de prestige, John Entwistle. De forme frappante, la Buzzard a cependant les caractéristiques typiques de la maison. Manche stratifié en 7 parties wengé/zebrano, ailes en zebrano. Les micros sont 2 split-coils type Précision, le micro chevalet étant inversé comme celui de la Stage 1. Détail unique chez Warwick, la Buzzard est la seule à ne pas être équipé de la tête standard de la maison. Construits en seulement quelques exemplaires, sur commande dans la pratique, la cête du modèle est très élevé sur le marché de l'occasion.

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La DOLPHIN 1988-89

La Dolphin est conceptuellement la fille de la Thumb, à partir de laquelle on obtient le corps de la Dolphin par l'allongement de la corne supérieure et de la partie inférieure du corps. Le résultat de cette métamorphose, qui est une Thumb étirée par les deux côtés, rappelle un peu la forme un dauphin, d'où le nom. La légende dit que Warwick a eu l'idée de concevoir cet instrument après avoir vu un échantillon d'incrustations produites par Schaller, en forme de dauphin, ceux qui ont été adoptées sur la Dolphin. A la grande différence de la Thumb, l'équilibre de la Dolphin est parfait.

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Pour le manche, Warwick choisit le mélange wengé/zebrano de la Buzzard et les 26 frettes de la Thumb.

La Dolphin initiale a un écartement au sillet spécifique, plus large que ses soeurs : 44,5 mm contre 40,5 mm pour la 4 cordes. Pour les ailes du corps Warwick introduit un autre bois exotique, le Boiré (appelé parfois "palissandre africain").

Pour les micros, Warwick choisit une configuration inédite, qui deviendra populaire, un humbucker type Musicman au niveau du chevalet et un Jazz et en diagonale coté manche. Le choix du fournisseur des micros se porte sur Bartolini, l'électronique étant, comme d'habitude, le preampli MEC 2 bandes. En termes de son, la Dolphin est très proche de la Thumb, bien que les possibilités sonores soient plus larges et le son globalement plus équilibré. En 1989 sort la version à 5 cordes, qui n'a pas les mêmes micros que la 4. Le fabricant est toujours Bartolini mais la 5 cordes a deux soapbars perpendiculaires aux cordes. La Dolphin est placée tout en haut de la gamme Warwick avec un prix spectaculaire. La production de la Dolphin, 4 ou 5 cordes, est plutôt confidentielle et les modèles de la fin des années 80 sont extrèmement rares.

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1990 : arrivée des micros MEC

L'année 1990 représente un autre tournant dans l'histoire de Warwick et marque la fin d'une époque. La nouveauté est représentée par l'introcudtion des micros MEC. L'apparition des micros MEC a lieu très tôt au cours de l'année 90, certainement en février. Les MEC remplacent les EMG par défaut sur les modèles suivants : Thumb 4 / 5 cordes, Stage 2 4 / 5 cordes, Stage 1 4 cordes. Restent en Bartolini les modèles qui n'avaient pas de micros EMG :Thumb 6 cordes, Stage 1 6 et 5 cordes, Dolphin 4 / 5 cordes. Le changement est progressif et en fonction des modèles, certaines basses sortent encore avec des EMG courant 90.

La décision de construire les micros en interne est en quelque sorte la réponse à une nécessité. Warwick était fourni par EMG comme Spector. La bataille juridique avec Spector avait rendu très difficile (et coûteux) l'approvisionnement en micros EMG. Suite à cette expérience Warwick cherche à contracter un partenariat exclusif (comme celui entre EMG et Spector), mais ces tentatives n'aboutissent pas. Finalement, la marque allemande décide de faire cavalier seul. C'est aussi dans ces années la que la demande grossit et commence à exercer une pression sur l'entreprise et son potentiel de production. A l'époque, la capacité de production était de l'ordre de 100/120 unités par mois, ce qui commençait à être très insuffisant.

STREAMER STAGE 1 - 1990

En 1990, la Streamer Stage 1 évolue radicalement, même si la forme reste inchangée. Le changement concerne le manche. Concrêtement, les pièces de bois sont inversées entre le wengé et l'érable, avec pour résultat un manche en érable 3-pièces avec, en alternance, de minces lattes de wengé. La "Spectorisation" de la SS1 continue et prend une tournant décisif à un moment où EMG a abandonné Warwick. La configuration micro, identique Spector, est maintenue. La nouvelle Stage 1 est une basse complètement différente de la Streamer originale, mais aussi de la version érable wengé imédiatement précédente. La nouvelle Stage 1 a un son très lumineux et moderne, plus proche de la NS Spector, et perd le caractère grogneur qu'apportait le wengé. Ainsi, la Stage 1 devient une sorte de "Warwick pour ceux qui n'aiment pas le son Warwick."?

La SS1 4 cordes est montée en micros MEC, les 5 et 6 ont toujours les Bartolinis pour l'instant.

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THUMB Jack Bruce ÉDITION LIMITÉE 1990

En 1990, la collaboration avec Jack Bruce aboutit à une édition limitée de la Thumb. 100 exemplaires fretless 4-cordes, numérotés "JB Limited Edition" qui diffèrent de la fretless normale principalement par la présence de LED rouges. Les micros sont les MEC désormais standards. La demande est très faible, et l'est restée. Cependant, ce modèle a été intégré à la gamme quelques années plus tard, et est toujours au catalogue.

DOLPHIN en micros MEC

Dans le cas de Dolphin 4 cordes, l'adoption des micros MEC a conduit à une modification plus substantielle par rapport à ce qui s'est passé sur les autres modèles. Initialement, MEC ne fabrique pas de humbucker type Musicman MM, un pareil micro n'apparaitra que des années plus tard pour les FNA puis les Jazzman. Il n'existe donc pas de remplacement direct pour le micro Bartolini chevalet de la Dolphin. Warwick, invente alors le Twin-J, micro double composé en réalitée d'une paire de J côte à côte dans un seul boitier. Le split possible de ce micro double donne également accès à la configuration JJ des Thumb et SS2. Pour cette raison, la Dolphin est un l'unique 4 cordes à ne pas passer immédiatement aux micros MEC. Il existe donc des Dolphin de 1990, qui ont encore du Bartolini. En 1991, toutes les Dolphin sont équipées en full-MEC. Vers 1992, la couleur de l'accastillage passe du gris titane au doré.

Accastillage titanium

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Accastillage doré

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1991 - année de transition.

De nombreuses petites évolutions marquent cette année, et plusieurs d'entre-elles préparent les grandes mutations à venir.

Globalement, la lutherie se simplifie en perdant des détails un peu partout. C'est un premier pas vers l'industrialisation et la rationalisation.

- Les inlays sur la touche disparaissent des Streamer Stage 1 et Thumb et ne restent que sur la Stage 2 et la Dolphin

- à l'arrière du corps, le logement dédié à la batterie disparait, la pile retrouvant sa place dans le compartiment électronique, comme sur la toute première Streamer

- la trappe du compartiment électronique se standardise et adopte un systéme de fixation sans vis

INFINETTE - 1991

Un nouveau modèle est créé à partir d'un prototype de Stefen Manz. Macnhe conducteur en érable 3 pièces, ailes du corps en etimoa et table érable moucheté Micros et électronique sont tirés de la Dolphin, bien que le J ne soit pas oblique. N'ont été commercialisées que 100 exemplaires numérotés de ce modèle, qui n'a d'ailleurs pas de nom. Le sobriquet "Infinette" donné a posteriori correspond au mélange entre la forme du corps (que la Corvette adoptera l'année suivante) et la configurations micros et les bois haut de gamme (qui seront intégré à l'Infinity, près de 10 ans plus tard).

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1992 - Début de la nouvelle ère et fin de l'artisanat

1992, contrairement à 1991, est une année de révolutions dans la maison de Warwick.

La première est une révolution silencieuse, et subtile. A cette époque, la plainte assez fréquente chez les utilisateurs de basses Warwick concerne le poids des instruments, très élevé. Warwick fait l'expérience de fournir à des musiciens endorsés des instruments a priori identique aux modèles de l'époque mais équipé d'un nouveau chevalet. Les musiciens qui sentent la différence donnent un avis positif et Warwick valide le changement.

Ce chevalet est identique dans la forme et le fonctionnement, mais le laiton est remplacé par un alliage plus léger, et aussi plus économique à produire. L'objectif est double pour Warwick : réduire le poids et augmenter la rentabilité de chaque instrument.

Le nouveau chevalet léger a un effet collatéral négatif sur certains instruments. La Thumb, qui présente déja un équilibre critiquable devient encore plus lourde de la tête relativement et se place encore plus à l'horizontale du fait de la baisse du poids du corps.

Chez Schaller cette "évolution" fait l'effet d'une bombe et est considéré comme une trahison. Le résultat est la fin du partenariat à long terme avec le fournisseur historique de l'accastillage et des élements de lutherie employé par Warwick.

Comme cela s'était produit pour les micros auparavant, la fabrication de l'accastillage est confié à une société satellite de Warwick et MEC, fournit désormais les potentiomètres en plus des micros et de l'électronique.

Dans la foulée, les strap-locks Schaller quittent les Warwick au profit d'éléments encastrés Jim Dunlop.

Contrairement aux versions 4 et 5 cordes , le chevalet des 6 cordes continue d'être en laiton pendant quelques années, ils sont fabriqués par ABM.

À cet égard, il convient de rappeler que la production de modèles 6-cordes (Thumb et Stage 1) est toujours d'un volume très réduit à l'époque, sur commande ou presque en pratique.

La deuxième révolution est beaucoup plus bruyante, c'est la commercialisation de la première basse à manche vissé de la maison Warwick.

La portée de cette nouveauté est énorme et va changer le visage de la marque. Jusque-là, Warwick n'officiait que dans le créneau des basses haut de gamme fabriquées de façon artisanale et pour un marché de niche. Les choses vont désormais changer irrémédiablement.

Les nouvelles basses "Bolt-On" sont fabriquée selon un processus industriel et aucune d'elles n'aura jamais été façonnée à la main. Ce changement de méthode de construction va permettre à Warwick d'augmenter très fortement sa capacité de production et de partir à la conquête du marché de la basse électrique. Les instruments à manche conducteur pré-existants, qui consituent désormais le haut de gamme de l'offre Warwick seront encore fabriqués à la main pendant quelques années avant de basculer eux aussi vers l'industrialisation.

La suite dans le prochain épisode : Wick-story part 2, les années 90 et 2000.

Edited by kascollet

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Hans Peter Wilfer, fils du fondateur de Framus, a passé ses jeunes années avec les bois, qu'il aime tailler en forme de bite, plutôt que sur le terrain de football comme tout jeune homme normal.

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Merci pour cette review historique, très intéressante.

Les photos sont un bon point en plus, on se rend mieux compte de l'évolution des différents modèles.

:wink:

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Ouais là... beau travail. :closedeyes:

Tellement que tu m'énerves. Pourquoi ? Parce que ça me redonnerais presque envie d'y toucher. Vade retro !!!

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Oui, il y a toujours une part de poésie dans l'aventure humaine, qui étrangement, donne une valeur ajoutée à ses avatars, comme ces beaux objets.

Craque donc va, ça ne fait pas mal. Personnellement, je n'ai jamais su résister à une envie, et je m'en félicite.

Par contre, pour trouver unes des perles de cette partie de l'histoire des Warwicks, c'est pas évident.

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J'ai testé la même chez Ari il y a 6,7 ans... une bombe, pour moi elle éclipsait sa Ken Smith et ses Tobias. J'aurai dû lui acheter.

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Très belle initiative, j'ai trouvé mon maître-gourou-grand-manitou-qui-sait-tout. :bleh:

GAS... :ninja:

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Merci beaucoup pour le pavé. J'avoue j'ai pas encore tout lu, mais c'est intéressant :good:

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Beau travail l'ami. :wink:

Je me souviens de la première image que j'ai vu d'une Thumb dans un magazine en 86/87. A cette époque, elle m'a bien fait bander avec son look "organique" et hors des sentiers battus. Je rêvais de la posséder...

J'en suis revenu depuis, mais je considère toujours cette marque comme une valeure sure. Ils ont fait du beau boulot depuis tout ce temps.

Edited by mistergroovy

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tu mériterais d'être employé par Warwick tant tes propos lors de tes reviews sont accrocheurs....dans cette histowick...c'est pareil...

Perso, j'adore .....

ou j'adhère !!!!! :D

...d'ailleurs , je ne suis pas redescendu de mon nuage avec la Thumb !... :angel:

Edited by ytsejam

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bonne initiave :wink:

Je tiens je juste à préciser que quand Ned à dessiné cette forme il travaillait avec et pour spector et ensuite il n'a fait que retravailler et faire évoluer le design que Stuart Spector avait créé et qui était déjà très proche de cette forme. Ce n'est qu'un an après que Ned c'est mis à son compte...D'ailleurs Ned et stuart sont toujours très proche et travaillent toujours un peu ensemble :) En 1990 Spector a failli fermer et c'est grace à Ned et PJ Rhubal (qui à la base était juste un passionné et collectionneur de spector) que spector a tenu le coup et est même reparti de plus belle. Ned n'est pas le seul à avoir commencé chez Spector, son premier employé et apprenti fût Vinnie Fodera :lol2: ...

Oups je m'emballe et je m'arrète là... :lol2: je voulais juste préciser 2-3 p'tites choses sur le NS carved-body que warwick a pompé :lol2:

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Merci Kascollet, bon boulot!

J'ai testé la même chez Ari il y a 6,7 ans... une bombe, pour moi elle éclipsait sa Ken Smith et ses Tobias. J'aurai dû lui acheter.

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on dirait bien une photo d'Ari d'ailleurs :rolleyes:

Edited by zawali

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bonne initiave :wink:

je voulais juste préciser 2-3 p'tites choses sur le NS carved-body que warwick a su faire évoluer.

:whistle:

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on dirait bien une photo d'Ari d'ailleurs :rolleyes:

ah oui, c'est peut-être bien celle-ci en fait ! :goute:

Edited by Romjé

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Fractal, tu es hors sujet mais ça tombe bien : tu es désigné pour nous exposer l'histoire riche et merveilleuse des Spector.

Au plaisir de te lire donc :lol:

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A tout lu !!! Super ! Merci kascollet pour cette petite histoire fort passionnante ! Vivement la suite !

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Merci pour le pavé, carrément interessant.

Je suis pas trés Warwick, mais j'avais eu la chance d'essayer celle là à l'époque :

11.jpg

Putain de basse ! J'en vois passer une je fonce, mais le coté historique doit le rendre inabordable : (

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Shavo convoite tout ce qui finit par Wick, Ula et Tor en ce moment.

:rolleyes:

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Merci Kasco c'est super intéressant ;)

Allez pour Shavo il faut une Specwick, une Warula, ou une Speculamais bon on est pas chez le gynéco, on parle basse pas cric à vagin :lollarge:

Edited by Evilvince

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