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Présentation : Christophe Huort, Atelkof Lutherie


Huort Ch.

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Merci Christophe ! Merci pour ton enthousiasme , merci pour ton soutien , merci pour cette analyse du monde qui nous entoure . On espère tous refaire de la musique avec les potes le plus tôt possible , mais ce sera quand ?  Pour l'instant ça reste un mystère . Mais on espère et l'espoir c'est positif ! Et puis j'ai une basse HUORT toute neuve (ben oui , elle ne quitte pas souvent sa caisse par les temps qui courent ) qui attend de goûter ce fameux préampli . Donc je nourris aussi l'espoir de venir prochainement à ton atelier....  Et puis si c'est pas pour installer un préampli dans ma basse , ce sera tout simplement par sympathie . 

Alors bons voeux à toi également , avec l'espoir que cette nouvelle année te permette de concrétiser certains de tes projets ! Certains seulement parce que je sais que tu as suffisamment de projets dans la tête pour occuper encore plusieurs années  :)  

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  • 9 months later...

Hello tout le monde !

Après ce long silence... ben oui, ça bosse, ça  projette... etc... et ça court partout comme un rat empoisonné. Du coup on a le temps de rien, comme d'hab'.

Ce matin mon frangin m'a fait passer ça par texto

Resized_20211104_082326.thumb.jpg.25cef9efebae6481107335a15486f25e.jpg

Pour ceux qui n'étaient pas là à l'époque (ou qui ont zappé avec le temps), il y avait eu ici-même une fabuleuse épopée à propos d'un projet de basse modulaire nommée "Session Bass" (49000 posts en 4 mois de réalisation !). Les 2 premiers exemplaires ont été livrés mi-mars 2015, suivis de 4 autres dont le dernier fin 2020 (http://www.huort-ch.com/lang_fra/fr_miscellaneous/frbass_misc_session.htm). Autant dire que le projet a été tout juste rentabilisé...

Deux ans plus tard, on m'a fait passer une vidéo d'un luthier 'ricain qui présentait la même chose au NAMM de Los Angeles, en me disant : "T'as vu, il t'a pompé !". Tant mieux (avais-je répondu), maintenant qu'un américain s'y colle, ça fera plus de pub en France que si c'est un local.

Après j'ai eu également des demandes de guitaristes qui voulaient des "guitares modulaires". Mais hélas incapables de se mettre d'accord sur un modèle commun qui permette de réduire les coûts, et surtout avec l'exigence du vibrato. J'ai donc botté en touche. Alors grande nouvelle, selon le magazine Epsilon de novembre 2021, un autre américain est une nouvelle fois l'inventeur de la guitare modulaire ! Yes !

Edited by Huort Ch.
Modif et... orthographe
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Je traîne sur ce forum depuis près de 20 ans... Le sujet sur la conception et la réalisation des 1eres basses "session" a été à mon avis le plus intéressant ici. J'avais pour ma part découvert ton travail avec ce sujet et te remercie encore du temps consacré et de l'enthousiasme que tu avais alors apporté lors de ces échanges (et je précise au cas où, je n'etais que lecteur et participant, pas impliqué dans cette aventure).

Ce système modulaire est vraiment bien pensé pour quelqu'un qui veut pouvoir changer de son en conservant le même instrument. Il y avait déjà eu des instruments avec des velléités de ce type, mais ton système est à mon sens de loin le plus abouti techniquement comme d'un point de vue esthétique (ce qui comme chacun sait est très important pour le sustain). C'est limite anti gas ce truc. Manquerait plus qu'un manche modulaire et ça deviendrait un rêve de conjoint. Pensez bien, une seule basse avec les autres morceaux dans le placard au lieu de 10 basses qui encombrent le salon ! Après tu peux attaquer le salon du mariage. Je te propose l'accroche pour la pub  : "vous pouvez enfin épouser un(e) bassiste sans transformer votre salon en showroom ! " et franchement, comme cadeau de mariage, une basse modulaire ça a quand même plus d'intérêt que des assiettes en porcelaine avec des couverts...

 

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Le 04/11/2021 à 16:56, Huort Ch. a dit :

Hello tout le monde !

Après ce long silence... ben oui, ça bosse, ça  projette... etc... et ça court partout comme un rat empoisonné. Du coup on a le temps de rien, comme d'hab'.

Ce matin mon frangin m'a fait passer ça par texto

Resized_20211104_082326.thumb.jpg.25cef9efebae6481107335a15486f25e.jpg

Pour ceux qui n'étaient pas là à l'époque (ou qui ont zappé avec le temps), il y avait eu ici-même une fabuleuse épopée à propos d'un projet de basse modulaire nommée "Session Bass" (49000 posts en 4 mois de réalisation !). Les 2 premiers exemplaires ont été livrés mi-mars 2015, suivis de 4 autres dont le dernier fin 2020 (http://www.huort-ch.com/lang_fra/fr_miscellaneous/frbass_misc_session.htm). Autant dire que le projet a été tout juste rentabilisé...

Deux ans plus tard, on m'a fait passer une vidéo d'un luthier 'ricain qui présentait la même chose au NAMM de Los Angeles, en me disant : "T'as vu, il t'a pompé !". Tant mieux (avais-je répondu), maintenant qu'un américain s'y colle, ça fera plus de pub en France que si c'est un local.

Après j'ai eu également des demandes de guitaristes qui voulaient des "guitares modulaires". Mais hélas incapables de se mettre d'accord sur un modèle commun qui permette de réduire les coûts, et surtout avec l'exigence du vibrato. J'ai donc botté en touche. Alors grande nouvelle, selon le magazine Epsilon de novembre 2021, un autre américain est une nouvelle fois l'inventeur de la guitare modulaire ! Yes !

Merci pour la découverte. J'avais vu par le passé des micros splitables sur la table. Là, c'est plus abouti.

Merci de faire avancer la basse et la guitare dans l'histoire...

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Mais oui... le salon du mariage ! Mais tu sais ça me rappelle une anecdote y a quelques années (100% véridique !).

Un jour, un client devait faire des prises au Studio l'Alhambra à Rochefort/mer. La prod souhaitait un son plutôt "Gibsonien" qui ne collait pas vraiment avec ses grattes habituelles. Du coup, je lui prête une guitare (Liberty Blues) du stock, pour qu'il puisse cachetonner. Comme l'ingé-son était assez surpris par la "droiture" du son déjà rien qu'en direct-console, ils ont décidé de passer voir un pote commun (guitariste pro lui aussi), le soir après la séance, et lui faire essayer la gratte. Le mec, a effectivement bien flashé... jusqu'au moment où sa femme est rentrée du boulot. Voyant la Liberty sur le canapé, elle lui lance :

- Encore une nouvelle, je présume ?...

- Euh non, non, celle-là c'est juste pour l'essayer, ils repartent avec... hélas !

- Assez d'accord avec "hélas", pour une fois elle était vachement belle. Et elle est chère ?

- Ben c'est une de démo, le luthier l'affiche à 2500... mais de toute façon je les ai pas, donc c'est mort.

- Moi je les ai sur mon livret d'épargne. Sérieux, si ça te dit je te les prête le temps que t'en vires une des tiennes...

Les trois compères se sont regardés éberlués, et le gratteux a répondu : "OK, ça marche !" C'était le jeudi soir, le samedi suivant il se pointait à atelier avec le chèque... et la banane jusqu'aux oreilles, évidemment. Tu vois, c'est bien loin d'être idiot...

Edited by Huort Ch.
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Et ben voilà. Un stand lutherie au salon du mariage... Va falloir envisager des finitions assorties au canapé du salon... La version assortie au canapé tout cuir de vachette va être particulière.

Etape suivante, l'intégration au catalogue IKEA avec la basse modulaire assortie à la série mistrigruøglø, en mode pb pour les fans de classique à l'interieur cosy mais pas tape à l'oeil, et finition double mm electro 4 bandes à paillettes pour les soirées avec les copains.

 

Edit  :  je viens de me relire. Vraiment je m'égare, désolé.

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Hé, hé... ce ne serait que du déjà vu en fait. Tu sais d'où viennent les couleurs "GMC" sur les Fender sériel L à partir de 60/62 ?

En fait Leo Fender, qui n'avait de cesse de vouloir démocratiser la guitare électrique, avait compris qu'il fallait d'abord la vulgariser et par conséquent l'intégrer dans les bien d'équipement courants des foyers américains. Or en pleine mode "Surf", les foyers se distinguaient par des codes de couleurs... Même tout petit, je m'en souviens encore (c'est sur les vieux films Super-8 de mon père), quand nous avons été rendre visite à la famille en Californie, durant l'été 1966 : La mode pour les foyers de "classe moyenne" était que la majorité des objets et notamment l'électroménager devait être assortis à la couleur de la bagnole ! Ma tante ayant à l'époque une Olsmobile dans les tons SurfGreen, le frigo, le batteur, le grille-pain, etc., étaient forcément du même vert. Et si mes cousins ou cousines avaient joué de la guitare, alors je te laisse deviner sa couleur probable...

Du coup pour Leo Fender, ça représentait le double (voire triple) avantage de se caler dans la mode du moment, mais aussi de bénéficier de la précision des nuanciers de teintes automobile, et en plus des faibles coûts d'approvisionnement... et accessoirement de la qualité à-la-française !... Et oui, GMC s'est fourni longtemps chez Dupont de Nemours, en France.

PS : soit dit en passant, la catégorisation INSEE actuelle de la guitare, et autres instruments de musique, est : "Autres biens d'équipement du foyer".

Edited by Huort Ch.
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Le 09/11/2021 à 23:09, sebjo a dit :

Excellent !  Je raconte n'importe quoi et tu trouves le moyen de raccrocher mes délires à du réel en réussissant en plus à nous apprendre des choses au passage. Merci Christophe ! 

Sting, qui venait de reprendre des cours de chant après avoir quitté The Police, avait déclaré dans une interview : "Selon moi apprendre est un processus que seule la mort peut interrompre."

Ce matin à la TV j'ai entendu qu'un adolescent actuel s'exprime en moyenne avec 1000 mots sur les 32000 de la langue française, et un adulte avec 3000 tout au plus. Le truc qui m'inquiète, c'est qu'un de mes clients qui dresse des chiens d'aveugle, me disait il y a peu, qu'un de ses braves toutous est capable de comprendre jusqu'à 200 mots, et voire plus... soit 20% d'un ado ?!

Pour ma part j'ai assez vécu et voyagé à l'étranger pour savoir à quel point apprendre est un chance, et non une contrainte.

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Le 10/11/2021 à 12:31, binuche a dit :

le raccourci est un peu saisissant quand même... On va pas se mettre à refiler des croquettes à nos ados non plus !

Non, évidemment... quoique... j'en connais qui ingurgitent des trucs bien moins équilibrés que certaines croquettes de marque:lol: Mais toute tentative de comparaison avec un chien-guide d'aveugle ne peut aller plus loin que ça, bien évidemment, à moins de trouver un ado qui obéisse au doigt et à l'oeil...:ohyeah:

Bon plus sérieusement, qu'un ado possède que 2 à 3 fois moins de vocabulaire qu'un adulte, c'est relativement constant, et quasi normal, vu que la vie active nous confronte à des situations plus complexes que la vie de lycéen. Cela dit, 3000 pour un adulte c'est tout aussi préoccupant, voire pis, quand on sait que la moyenne était encore à 5000 il y a moins de 2 décennies ! Dans la pratique 300 mots peuvent suffire à se débrouiller pour le strict essentiel... (genre un touriste étranger qui débarque en France pour les vacances). Mais en fait, 1000 mots c'est une moyenne actuelle, mais certains gamins descendent à moins de 500, et se retrouvent dans ce que l'on nomme pudiquement : l'emprisonnement social !

A dire vrai, plus essentiel encore que le nombre de mots de vocabulaire, c’est surtout la maîtrise de la conjugaison qui est déterminante. Et là… à ma récente lecture d’un test de matos dans le dernier numéro de Chasseur d’Images vient de me faire brutalement comprendre que même un journaliste ne différencie plus un infinitif d’un participe passé… alors que reprocher aux ados après ça ?!

Tout cela me rappelle une anecdote qui m’est arrivée il y a une dizaine d’années (véridique !) :

Un matin vers 2008/2009, je reçois un courriel où un mec semble m’exposer un problème de buzz sur une Jazzmaster Mexique… A l’époque je venais de bosser avec des collectionneurs de France et des USA pour rééditer des répliques exactes de Fender Bass VI. C’était un chantier énorme avec même la re-fabrication des pièces d’accastillage (chevalets, plaques métalliques…). J’en ai vendu dans près de 26 pays, donc j’étais habitué à bosser avec l’étranger. Mais cet email était bizarre… Certes, la première phrase était à peu près lisible, mais ensuite ça faisait un fatras de mots de français sans réelle construction. J’ai cru que l’expéditeur avait pensé bien faire en effectuant une "traduction Google". Comme ce souci de masse sur une petite série de Jazzmaster était connu, j’ai répondu en anglais en expliquant qu’il laisse tomber la traduc… Puis, plus rien. Pas de réponse. Sauf que quelques jours plus tard, un mec m’appelle au téléphone pour me parler de ce même souci. Je réponds donc : "Vous n’êtes pas le seul, j’ai déjà eu un client étranger il y a peu à ce sujet". Et là, le type me répond : "Non, en fait c’était moi, mais je n’ai pas compris pourquoi vous m’avez répondu en anglais". En causant un peu, il m’a avoué qu’il était en classe de terminale et avait de grosses difficultés à s’exprimer en français écrit.

J’ai revu ce type il y a deux ans. Il a galéré professionnellement pendant plus de cinq ans avec ce sacré "handicap", passant d’intérim en petits boulots merdiques, jusqu’à ce qu’un patron qui souhaitait lui confier un poste à responsabilités découvre le pot-aux-roses. Il ne lui a pas laissé le choix, et l’a inscrit d’office à des cours du soir, avec dans la balance le risque de perdre ce poste. Maintenait, non seulement il est devenu assimilé-cadre, mais il avoue passer du temps à bouquiner par plaisir ! Comme quoi, rien n’est jamais foutu dès lors qu’on se sort les doigts…

Bon, mais au fait, au départ on ne parlait pas de couleurs de grattes ?  Et voilà, tout ça pour dire qu’il n’est jamais inutile de s’intéresser même aux choses les plus insignifiantes, comme une simple couleur de gratte.

Pour ce qui est de Fender, avec tout ce marché des reissues, je trouve qu’on perd un peu trop de vue les vraies raisons de certaines évolutions des modèles au cours des années : des choix industriels autant obligés par des motifs techniques ou des impératifs de production, que par un pseudo-marché. Personnellement je trouve cette histoire belle et passionnante, et omettre la part "industrieuse" de ces grandes marques américaines serait prendre le risque d’oublier que le mot "légende" possède aussi un deuxième sens : "Des histoires que l’on raconte, mais dont personne ne peut prouver qu’elles ont vraiment existé". Et çà ce sujet, quand on regarde l’ensemble de la vie d’un mec comme Clarence Leo Fender, je peux vous assurer que ce type n’était pas le magicien d’Oz, mais plutôt un chef d’entreprise passionné en prise permanente avec un quotidien industriel aussi palpable que bien réel !

Edited by Huort Ch.
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je suis d'accord. Je voulais dire, et tu l'as bien montré dans ton message, que rien n'est perdu pour l'ado... Il y a des périodes nulles. Et en ce moment c'est corsé. Mais ça peut revenir, et ça a été bien pire auparavant.

En parlant de Fender, j'ai beaucoup de mal avec ce marché des basse "relic"... Il n'y a plus que ça en haut de gamme fender. Un peu à l'image du reste, d'ailleurs !

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Le 14/11/2021 à 19:38, binuche a dit :

je suis d'accord. Je voulais dire, et tu l'as bien montré dans ton message, que rien n'est perdu pour l'ado... Il y a des périodes nulles. Et en ce moment c'est corsé. Mais ça peut revenir, et ça a été bien pire auparavant.

D'autant plus que des observations récentes sur des enfants considérés comme "érudits" qui semblaient développer parallèlement une grande prédisposition pour des tâches manuelles, voire une adresse supérieure à la moyenne, ont conduit à une découverte un peu inattendue (bien qu'assez logique à mon sens... étant un pur produit de l'enseignement technique) : l'expérience inverse sur des gamins doués manuellement à démontré qu'ils présentaient également un prédisposition à l'acquisition plus rapide et plus solide du language ! Il serait donc urgent de remettre au goût du jour le travail manuel avec les ciseaux, le tube de colle, les pinceaux et la gouache... Longue vie au collier de nouilles !:blink:

Imagine qu'à la sortie du collège, alors que mes profs m'avaient presque inscrit d'office en seconde C (au lycée classique), quand moi je souhaitais continuer vers un BAC technique, ma mère s'est entendu dire par un (soi-disant) conseiller d'orientation : "Vous n'allez quand même pas laisser votre fils se gâcher dans un lycée technique !".

Ce à quoi elle a répondu : "Qui peut le plus devrait pouvoir le moins... Si c'est supposé plus facile, il devrait s'en sortir pas trop mal".

Le 14/11/2021 à 19:38, binuche a dit :

En parlant de Fender, j'ai beaucoup de mal avec ce marché des basse "relic"... Il n'y a plus que ça en haut de gamme fender. Un peu à l'image du reste, d'ailleurs !

La technique du "relic" est à la base une technique de restauration. Comme en ébénisterie, il va de soi que l'on ne peut pas greffer un élément flambant neuf sur de l'ancien patiné par le temps. J'ai fait restaurer une bonnetière où l'artisan a refait des faux trous de vrillettes. Après se pose la question du meuble en copie d'ancien... neuf ou "reliqué". A la fabuleuse époque du passage de la Main d'Or à Paris, un mec qui souhaitait compléter son ameublement de style avec une commode Louis XVI (par ex.) n'avait peut-être pas les sous pour se payer une pièce d'époque, ni l'envie de parachuter une copie neuve rutilante au beau milieu d'un ensemble "ancien". Dans ce cas il commandait à un ébéniste "spécialisé" (parfois un peu faussaire...) une copie déjà patinée : Une "relique" (ou un "vrai" faux).

C'est pareil pour les grattes. J'ai eu la chance de bosser sur pas mal de séries L provenant de France, des USA et parfois du Japon. Malgré les écarts culturels, selon les pays, qui changent considérablement le rapport affectif à ces pièces rares, il se dégage un trait commun : Tous ces gens éprouvent quelque chose de particulier et très personnel à "lire et toucher" une histoire sur leurs instruments. Et même si à titre personnel je ne possède pas de vintages (et n'en désire pas), je les comprends car j'ai pu toucher et brancher beaucoup de ces instruments, dont certains (pas tous) laissent un "souvenir tactile" assez indélébile. Reste la question du mec qui rêve de ce type de matos et qui n'a pas les moyens de brandir sa Carte Bleue chez Christie's...

Fender (comme beaucoup d'autre marques, pas seulement américaines), a compris qu'il y avait là un vrai marché de passionnés. Ensuite on peut effectivement contester certains tarifs. Mais là encore, il faudrait des vrais données pour pouvoir apprécier. Un modèle relic est une pièces sortie de la chaîne pour être non seulement traitée en unitaire, mais qui plus est, par des opérateurs sur-qualifiés ! Un "masterbuilder" habilité à reliquer des vernis de pièces triées sur le volet est-il payé au même taux horaire que l'intérimaire qui pose les mécaniques sur les manches, ou assemble des micros sur des pickguards ? Donc à la base on aura forcément un instrument dont l'addition finale sera plus salée que le modèle standard. Ensuite vient la délicate estimation du prix du "hors-série" ou du rêve, selon de quel côté on se place... Je pense même que ne pas les vendre assez cher présenterait un risque de sous cotation du marché du (vrai) vintage, et si les cours devaient s’effondrer, c'est tout un pan de la "légende" qui s'en irait avec... et ça aussi on finirait par leur reprocher. Les grandes marques américaines gèrent un "héritage" : ça peut paraître confortable, à première vue, mais je ne pense pas que ce soit simple pour autant.

Sûr que l'histoire artificiellement "reliquée" sur un instrument neuf ne fera que pâle illusion face à la patine inimitable d'un vrai vintage (j'adore jouer au jeu des 7 erreurs... :ph34r:). Mais, même si je ne propose pas ce type de boulot, j'ai du mal à reprocher à un zicos de rêver de posséder une gratte... "comme sur son poster préféré".

Edited by Huort Ch.
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pour le tarif, c'est effectivement compréhensible. Mais ça me semble quand même bizarre. Une vieille basse, ce qui touche c'est son histoire. Une fausse vieille basse n'en a pas. Pour ma part, c'est une envie que je ne comprend pas trop.

Je prends le temps de reliquer les miennes tranquilement. Le premier coup sur l'instrument me rend plus malheureux que n'importe quoi, maintenant un coup sur la basse et je me dit, ouah, c'est où alors ? Ah ! Pas mal ! :D

ça me rappelle ma plus grosse émotion en la matière (grosse suée en l'espace de 5 seconde...) : je range ma basse livrée un mois auparavant, une Kopo, dans son étui à la fin d'un cours. Avant de le fermer, mon élève me repose une question à la quelle je prend le temps de répondre. 3 minutes plus tard, je prends mon étui et le met sur mon dos, la basse file en vol plané s'écraser sur le carrelage... :cray: Je l'ai gardée 13-14 ans, elle avait pleins de coups et elle sonnait super !

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C'est sûr que quand je pose un instru vintage sur mon établi, je lis son histoire comme dans un livre ouvert. On peut même deviner s'il a souvent joué en public (ou pas), s'il est resté plutôt pantouflard, s'il a beaucoup pris l'avion... etc. Parfois même les tenues vestimentaires sur lesquelles il a frotté. Autant de cicatrices parfois recopiées à mauvais escient sur certaines reliques mal maîtrisées. C'est évident qu'il n'y aura jamais de plus belles histoires que celles que l'on a vécues, ou d'un instrument que l'on connait, héritage familial ou même un rachat à un vieux pote... dont on a partagé un bout de chemin.

Mais aujourd'hui ces reliques sont également la réponse "marketing" à cette habitude d'immédiateté de l'époque présente : "Je clique et j'obtiens". Savoir attendre n'est même plus vu comme une sorte d'inaccessible, mais plutôt devenu un genre d'inutile. Pourquoi attendre ? 

Edited by Huort Ch.
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Tu résumes assez bien ma pensée, il y a quelques relics que je trouve jolies ( c'est rare ) mais surtout avec mon piètre niveau je serais super mal à l'aise sur scène avec un tel instrument. En voyant l'instru, tu te dis le gars doit avoir de la bouteille, il a du pratiquer grave ... la déception n'en sera que plus grande : /
ça a pas l'air de déranger certains collègues guitaristes qui pourtant assure pas un cachou non plus :ph34r:

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Comme je suis très soigneux avec mon matériel, ma basse HUORT de 1991 (oui oui, elle a 30 ans !) est comme neuve : pas un poc, pas une rayure. Et pourtant elle a des heures de scène dans les frettes.

Alors c'est une relique au bout de combien de temps ? 

Faut-il que la basse soit abîmée pour entrer dans cette appellation contrôlée ? 

Bon, comparée à une contrebasse Mirecourt de 1870, ma basse est une petite jeune. 

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Le 15/11/2021 à 16:33, reynhart a dit :

...

ça a pas l'air de déranger certains collègues guitaristes qui pourtant assure pas un cachou non plus :ph34r:

Ouais... ne seraient-ils pas tout simplement "en avance" sur une future carrière professionnelle ?

J'explique : J'ai parmi mes vieux clients un (costaud) guitariste qui bosse souvent sur des grosses tournées. Un jour, de passage à l'atelier pour les révisions d'avant départ, il m'explique qu'il ne pourra pas emporter ses deux grattes de ma marque à cause d'un contrat d'endorsement de la tournée par une "major". Dans ces cas-là, il n'a pas le choix des marques d'instruments qu'il peut jouer sur scène (et notamment sur les plans vidéos !). Je ne m'inquiétais pas tant pour mes grattes que pour lui, sachant très bien le rapport quasi "intime" qu'il a à ses instrus. Il m'a répondu en haussant les épaules "Bof, tu sais, depuis plus de 30 piges que je fais ce boulot de sideman, j'ai bien compris qu'aux yeux d'un producteur de musique, une guitare ou une basse électrique est moins un outil de travail, qu'un accessoire de tenue vestimentaire !"

Edited by Huort Ch.
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