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Guest bassté

Vous Faites Des Photos ? Vous Avez Envie De Les Partager ?

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Wep, c'est son WorkShop ! il le mérite bien !   :)

Encore Bravo jaydee ! Je ne m'en lasse pas !  :)

 

 

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Pas le seul mais souvent seul à poster ! :wink:

 

La tête dans les nuages, 2019

190205103757140803.jpg

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On dirait du Pink Floyd en français!  :p

Edit: je n'étais jamais venu sur ce topic, un grand bravo Jaydee, j'adore ton travail, du grand art !!! (c'est sincère :))...

Edited by manmane

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Tx Speeroo et manmane ! :wink:

 

La file électrique, 2019

190212072930247722.jpg

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Pfiou, sacré regard, et grosse technique quand même !

Le jour où je finalise mon EP, je te contacte pour un image de couv'! :p

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Merci manmane... no problem pour illustration EP ! :wink:

 

Café rouge XXXIV, 2019

190222095857345513.jpg

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il y a 3 minutes, jaydee a dit :

Grillé, 2019

:lollarge: Excellent ! j'adore tes noms de photos en plus !

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Le 04/02/2019 à 11:01, ours02 a dit :

jaydee, y'a que toi qui poste ici? :ohyeah:

 

Le 04/02/2019 à 18:47, Eneade a dit :

@ours02  Il y a quelques années, on était plusieurs à poster ici... mais il n'y a que @jaydee qui ait gardé la foi.

 

 

 

Le 12/02/2019 à 20:54, jaydee a dit :

Tx Speeroo et manmane ! :wink:

 

La file électrique, 2019

190212072930247722.jpg

 

J'adore cette photo. J'adore la candeur de tes photos en général. Tu te prends pas la tête, ça me met un petit rappel à l'ordre.

 

Le gag c'est que je suis passé sur ma boite hotmail, qui était ma première boite mail. Je l'ai créée à la sortie de Diablo 2 sur PC pour créer un compte sur Diablo 2 justement. J'avais 12 ou 13 ans et mon compte c'était Mongolito93 haha.
Je ne me souviens pas en quelle année date mon dernier message ici, mais je viens de faire mes 32 ans et j'ai 56 000 mails à lire sur ma boite hotmail, venant de tous les forums dédiés à l'art la musique le dessin la photo et j'en passe. J'ai juste regardé 2 ou 3 pages, et hop me voilà ici.

Je me souviens que pendant un moment j'étais en communication avec un membre de ce forum. Je me souviens juste de son prénom, Régis. J'en rigole encore, pardonne moi, car autrefois sur les sites idiots tel que humour.com, il y avait des vidéos nommées " Régis est un con ", pour les vidéos d'accidents et blagues potaches.
J'ai encore honte d'associer ce prénom à cette mode, mais au moins je me souviens de toi ( si tu passes dans le coin ).

Grâce à ce forum j'ai aussi noué des liens avec un autre membre. Je ne me souviens pas de ton pseudo ici alors pardonne moi de citer ton véritable nom, je modifierai mon message si tu le souhaites.
Mattias Launois. Aka le petit hipster du nord ( moustache + mobylette + vieil appareil photo argentique autour du cou etc etc )
Grâce à sa grande passion pour l'argentique, j'ai pu avancer + rapidement lors de ma reprise de l'argentique.
Un énorme merci à lui.

Malgré toutes les fois où il m'a trollé alors que je dormais 3 ou 4 heures en 3 ou 4 jours.

 

 


Ce qui m'amène à vous raconter un peu ma vie, pour autant que quelqu'un en ai quelque chose à foutre.

 

 

Je suppose que la dernière fois que j'ai posté une photo et un message ici , ça devait être mes photos sur FlickR, donc autour de 2010 / 2013.
J'habitais à Montpellier, je venais de vendre mon D300 pour un D700, et ai abandonné les zooms dont le 18-200 qui était collé au D300 , pour une panoplie d'objectifs fixes.
Ce qui est devenu par la suite ma religion, car en 2013 j'ai collé un 35 1.4 Sigma sur mon D700, et je l'ai utilisé à fond jusqu'à que ....
Malheur arrive.

Aout 2017.

Mais avant ça, entre 2011 et 2013, j'ai acheté et testé un beau paquet d'objectifs, et j'ai eu le plaisir de gagner quelques concours nationaux, ce qui m'a valu de taxer plein de matériel à Nikon.
Du D3S un peu avant sa sortie, au D4 un peu avant sa sortie, le D800, et niveau objectifs j'en avais rien à cirer je voulais surtout tester les miens sur ces appareils à gros pixels.
J'ai donc rapidement compris que mes 50 1.4G  , 35 f2 AFD, et compagnie, allait devenir obsolètes. D'où leur vente rapide pour éviter de perdre de l'argent sur leur côte.
Car un 35 f2 sur D800, ça m'avait permis de voir tous ses défauts. Et il y en a !

Par contre le 35 1.4 Sigma sur D700 ....  J'espère mourir avec ça entre les mains, et être enterré avec.

Après quelques années dans le sud, j'étais censé aller (retourner) vivre à Paris. Pas spécialement chaud mais comme j'étais en couple c'était une nouvelle aventure de retourner vivre dans ma région d'origine, que j'ai quittée le jour même de mes 18 ans.  (9-3 représente).

Sauf que ça s'est pas fait.
Puis séparation difficile, car prises de tête pendant de longs mois.
Pour en venir à avoir me coeur brisé en 2015.
Sauf qu'en 2013, je passais un peu de temps à Lisbonne après avoir visité le pays basque ( parce que terre de mes ancêtres ) puis la Catalogne ( parce que la grand-mère s'y est installée pour profiter de sa retraite ).
J'ai pris gout à me balader dans la péninsule, puis aussi en Italie ( pas autant que je voudrais. Je rêve des terres en Toscane, j'ai fait la côte de Pise à Gêne, pour visiter la fameuse région des cinq terres. Cinque Terre ).
Par le plus grand des hasards, il se trouve que Lisbonne, et le Portugal en général, est un lieu privilégié par les slaves / soviétiques pour fuir leur région d'origine et couler de beaux jours au soleil.
Dans le métro j'ai donc croisé des gens avec un polo aux couleurs de l'Ukraine.
Je suivais l'actualité ( Maïdan, puis guerre ) de 2013 / 2014.

J'ai donc tenté de faire signe au mec pour lui dire que son polo est cool.
Il a pas compris.
Je lui dis en anglais, en ajoutant que je supporte son pays face à l'invasion russe.
Il est touché.
On prend le métro, on papote. Il m'explique qu'il gère aussi des organisations pour aider les civils tout comme les soldats volontaires, à survivre en zone de guerre.
Me voyant avec l'appareil photo à l'épaule, il me propose de venir voir ça de mes propres yeux.
Des années à faire de la presse locale, des manifs à la con, des tentatives de reportages liés à la crise en Espagne / Portugal / Italie et sud de France, et voilà qu'on me propose d'aller voir une guerre. Du vrai reportage, pas les conneries que je faisais.
Prout prout je chie dans mon froc.
Mon plus grand rêve, et impossible de dire oui. Mais impossible de dire non.
C'est l'été, je fais mes mariages et autre car à cette époque je bosse que pour le fric et ne pense qu'à la façon de claquer ce fric.


J'avais pas eu le courage d'aller voir la révolution de Maïdan ( c'est la place où ils se sont postés pour résister à la police, c'est l'équivalent de la place de La République à Paris ), car ça tirait à balle réelle.

Je réfléchis pendant des mois.

Ma vie n'avait aucun sens, j'ai arrêté mes études de dessin par "conviction", et malgré que je vive de la photo je n'étais pas fier d'enchainer des contrats alimentaires.
Par " conviction", je dois plutôt avouer que j'ai atterri en " communication visuelle ", je savais que j'allais finir comme le personnage principal du livre / film 99 francs, puisque j'étais doué pour le marketing, alors que je rêvais de films d'animation, de jeux vidéos, et bande dessinée, et ça depuis mon enfance, et mon tout premier dessin réussi à mes 5 ans (1992).
Et aussi par changement de plans, le jour de mes 18 ans j'ai tout largué, j'ai quitté Paris pour une petite ville, j'y ai fait de rapides études de restauration histoire de faire un job à la con qui paie les factures, et j'ai enfin vu la vie hors de Paris. De toute façon je n'avais pas les moyens de poursuivre mes études. C'était une impasse.

Allez, thug life, fuck my life, pose tes couilles sur la table et fonce.
Je prends l'avion pour Varsovie, à 15 ans j'avais déjà visité la Pologne / Hongrie Rep Tchèque juste avant que ça entre dans l'union européenne.
Grosse surprise, ce n'est plus aussi soviétique que dans mes souvenirs, c'est blindés de fast food et magasins à la con comme chez nous.
Puis train pour Kiev.
Et là, à peine arrivé à la gare, l'homme au polo ukrainien m'attends ( j'ai oublié de préciser que c'était un polo de l'équipe nationale de voile ou je sais pas quel bateau ).
On monte dans son 4x4 ( dire S.U.V en anglais )

Je découvre l'URSS, l'Ukraine, et Kiev à travers les vitres d'une voiture.
J'étais dégouté, comme tout occidental à la con, de voir autant de grosses voitures polluantes.
Il se trouve qu'en URSS, c'est chacun pour sa gueule, le fric des impôts disparait souvent, donc les routes datent de la jeunesse de Staline.
D'où le fait que tout le monde ai une grosse voiture mais des rues immondes.
Imaginez la pire route que vous ayez vu en Union Européenne.
C'était la meilleure en Ukraine ( à ce moment là. En 2014 )
C'est même plus des nids de poule, c'était des puits.
Impossible de dormir, ma tête passe + de temps contre le plafond de la voiture que mon cul sur le siège.
J'arrive à me repose.
On est à Mykolaïev. ( Nikolaiev en Russe ).
Ville côtière du sud, un peu plus loin que Odessa.

( pour vous faire une idée, vous prenez la France. vous la penchez sur sa droite. Et ça donne l'Ukraine. Sauf que suivant la situation, faudra inverser la carte en mode miroir pour imaginer les choses. Car ça donne l'Alsace en bas à droite, sud-est, ce qui illustre bien la zone de guerre en Ukraine, mais à la place de la Suisse y'a de l'eau. La fameuse mer noir )

Bref, suivant le propos qu'on veut illustrer, on penche la France à droite, et on inverse parfois l'image en mode miroir.

Festival de musique en l'honneur des soldats, pour récolter des dons. Je me retrouve avec un passe " organisation " dans une ville soviétique, dans une sorte de salle des fêtes soviétique, donc immense, blindée de statues, je ne connais rien ne comprends rien et c'est plein de monde.
Je réalise par la suite que des gens lambda ( ils ont tous l'air lambda là bas, sauf les gens pleins de fric qui sont tout aussi moches, mais habillés de façon très tape à l'oeil ) sont en fait d'énormes star.
Rien à branler, je bois avec eux et je fume des pétards.

( en fait en URSS ils coulent une douille, ils font des bang, le cannabis est rare et de mauvaise qualité, c'est des miettes. Le cannabis tel qu'on le connait en Europe est un truc de bobo à la capitale. Inexistant ailleurs )

Le lendemain, je me retrouve à Kiev. Pas le temps de visiter en solo, on me balade partout. J'ai oublié , mais je me souviens de restaurants et autres.

Ensuite expédition avec des journalistes ukrainiens, organisée par mon hôte au polo marin. C'est l'hiver, on est en novembre, et il fait -20. Je chiale ma race j'avais jamais vu une telle température.
Mais hors de question de pleurer, l'humidité sur la peau finit par te bruler vu que ça refroidi instantanément.
A ma grande surprise, -20 à -30 en URSS, c'est moins violent que -10 en Bourgogne. L'air est sec, suffit d'avoir la peau sèche et de porter beaucoup de vêtements.
J'ai passé l'hiver 2017 / 2018 à Dijon, j'avais 5 couches de vêtements, et je les gardais quand je rentrais chez moi. Jamais vu un air aussi humide et agressif. L'impression de me faire perforer les os par des aiguilles.

 

On arrive près de Donetsk. Tellement de neige que je trouve ça beau, mais je sais que cette beauté blanche recouvre un cimetière et des lieux de désolation.

Je découvre les tranchées, la vie dans les tranchés. Digne de la première guerre mondiale. Une douche par semaine, via un camion avec des douches aménagées dedans. Le camion fait le tour du front, d'où la douche hebdomadaire.
Les mecs ont des gueules d'assassin, les chicots dignes d'un film sur le moyen-âge, et ils picolent en une soirée ce que je picole en 6 mois ( enfin je dis ça aujourd'hui, car ils avaient entre 30 et 50 ans, aujourd'hui que j'ai 32 ans j'ai une consommation d'alcool assez pauvre, j'ai donc du mal à imaginer à mon âge boire autant qu'eux. Mais je sais que c'est de l'entrainement. Puis après tout à 20 ans je faisais bien pire qu'eux ).

Impossible de se comprendre.
Pas de réseau donc pas de google traduction ( j'ai par la suite découvert qu'on peut télécharger l'application sur son téléphone et télécharger toutes les langues qu'on le souhaite, mais on est en 2014 j'étais avec un iPhone 3GS qui ne me servait qu'à faire le strict minimum ).

On me fait tester des armes. Je tir à la Kalachnikov pour la première fois de ma vie. J'ai peur de faire une boulette, et je suis impressionné par le bruit, le poids, et le recul de l'arme. Ainsi que par les dégâts qu'elle fait sur un tronc d'arbre et une boite de conserve.
On me propose de passer à l'étape supérieure , je refuse. Trop peur de faire une boulette.
Je les regarde donc tester des lances grenades et diverses armes, tout en me demandant à quel moment j'en suis arrivé là, sur une étendue de blanc entre un tank et un groupe de pèquenauds slaves armés jusqu'aux dents, alors qu'il n'y a pas si longtemps je faisais mumuse à call of duty et counter strike.

J'ai assisté à ma première bataille. J'ai revu tous les films et jeux vidéos dans mon esprits. Tout y était, le cri des mourants, les bruits, les tirs. J'étais dans mon éléments malgré la petite sueur froide dans le dos. Cette peur qui te permet d'envoyer de l'adrénaline en direct à ton cerveau, et qui te permet donc d'activer ton instinct de survie à fond.

Par contre les impacts de missile sur les maisons, la terre qui tremble, ça aucun jeu vidéo ne m'y avait préparé. Je réalise que je peux crever connement à tout moment.
J'ai trop peur pour " organiser " mon reportage photo, j'ai donc mitraillé à l'instinct, comme je l'ai fait toute ma vie.
De toute façon je n'ai aucune formation de reporter, donc à cette époque je ne savais pas construire une histoire, un sujet. C'est venu bien plus tard.

 

Il s'est passé plein de choses pendant ces quelques journées sur le front. J'ai fait mon touriste à me balader partout et à photographier tout le monde. Genre un mec qui se balade avec son lance roquette comme s'il allait à la pêche.
Je savais que j'avais pénétré une zone interdite, et forcément je me fais arrêter car on me prend pour un espion.
Je fais le con de touriste, tout niais tout gentil, avec ma tête de premier de la classe ça passe toujours.
Bah pas là.
Discussions en russe avec les journalistes avec qui je suis venu, la situation se calme.


J'en prends plein les yeux et pourtant ma mémoire est faible. Je sais que tout me reviendra lorsque j'aurais la force d'enfin regarder ces photos que je stocke sur un disque dur depuis 2014, sans ne les avoir jamais regardées à nouveau.

Satanée mémoire sélective.

 

Décembre 2014. Je me fais voler mon portefeuille et un appareil photo ( fuji X10 ) en auberge de jeunesse.
Je découvre qu'en Ukraine, des marginaux passent leur vie à voyager d'auberge en auberge, pour voler les étrangers et accumuler assez de richesses pour ne pas avoir à travailler.
Si dieu existe, il a des plans pour moi vu que ces abrutis qui avaient pourtant passé la soirée à sympathiser avec moi n'ont pas pris le temps de fouiller mon sac photo ni mon sac de randonnée où je stocke mon ordinateur et mes disques dur, avec mes fringues.
J'estime donc qu'un porte feuille avec 50 euros, ma carte bleue, et beaucoup de souvenirs, c'est pas si grave ( maudit timbre de Miles David que je ne reverrais jamais, ainsi que ma pièce de 2 francs de la déclaration des droits de l'Homme et mon billet de 50 francs du petit prince / Saint Exupéry que je gardais avec moi depuis mes 10 / 12 ans ).
Je rentre en France à temps pour noel.
Impossible de parler de ce que j'ai vu ou vécu. Moi qui ai une grande gueule quand je sens une ambiance chaleureuse, j'ai pas sorti un mot.
Caché dans ma barbe de plusieurs mois.

 

Puis vint la séparation difficile dont je parlais précédemment.
On est en 2015.
J'hésite à me flinguer.
La flemme d'infliger ça à ma mère qui ne s'en remettrait pas, et tant pis pour mon père à qui ça donnerait une excuse pour augmenter sa consommation d'alcool et de clopes. Pour peu qu'on puisse survivre à ça.
Instinct de survie ou curiosité, mes deux grandes qualités qui je pense m'ont maintenu en vie aussi longtemps, je décide d'aller vivre en Ukraine.
Après tout, quitte à crever, autant que ça soit en martyr.

2 euros le litre de vodka. D'une qualité dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence.
Enfin si, grâce à la Pologne j'avais déjà eu quelques cuites à la vodka à l'herbe de bison. Zubrowka. Qui reste ma vodka préférée malgré qu'il y ai bien mieux.
J'ai donc passé l'été 2015 à jouer au touriste, à draguer pour chercher du réconfort, puis à prendre mes repères et à explorer l'Ukraine tout en apprenant le russe.
Très amusant de partir de rien, et de découvrir une langue et une culture dont tu n'avais aucune base auparavant.
J'ai donc appris le cyrillique car je n'avais pas le choix. Pour découvrir qu'ils traduisent beaucoup le français l'anglais et l'allemand, mais juste en alphabet cyrillique.
Je réalise que le russe est compliqué car c'est une sorte d'allemand + slave avec une construction de latin. J'ai quelques souvenirs de mes cours de latin au collège qui remontent.
J'avais pris latin juste pour la mythologie, et comprendre les grandes citations romaines, genre les citations de Jules César.

Je sursaute aussi quand les gens papotent dans la rue. On dirait qu'ils se disputent. Pas du tout, c'est juste une discussion passionnée, mais tout ce qu'il y a de plus normale.
Par la suite je leur trouve des similitudes avec les espagnols. J'ai beau avoir un peu de ce sang, je ne me suis jamais habitué aux coutumes ibériques. Et à leurs grandes gueules surtout.

Pareil pour les soviétiques.

Je vais pas raconter tout en détail, mais j'ai donc passé 2015 2016 et 2017 en Ukraine.
Des histoires en tout genre, comme vous pourrez l'imaginer.
Après 6 mois d'alcoolisme à me morfondre sur mon coeur brisé, la guerre est devenu une raison de vivre. Je ne me suis jamais aussi senti vivant que sur le front.
Chaque retour à la vie civile était une punition. Une salle d'attente. Une perte de temps. Faire la queue pour un iPhone ? Tirez-vous une balle bande d'abrutis.

La société de consommation me dégoutait déjà autrefois, l'Humanité aussi, mais là je ne les supportais plus.

Par la suite j'ai fait des photos pour des petites ONG inconnues.
L'une fut créée par un coach " mental " il me semble, qu'on pourrait prendre pour un psy mais il n'en avait pas le diplôme et refusait donc cette qualification.
Il formait des psy à intervenir en zone de guerre et à améliorer le quotidien des civils.

J'ai visité des orphelinats avec lui.
Vous n'imaginez même pas à quoi ressemble un orphelinat en zone de guerre.
Il est abandonné de tout et tout le monde.
Le gouvernement ne veut rien savoir, c'est en zone de guerre, donc aux mains des " séparatistes ".
Les pseudo séparatistes dépendant de la Russie, ils doivent mendier pour obtenir des fonds, et en général l'argent sert à la propagande, les armes, les vivres, et accessoirement à la reconstruction de certaines choses. ( genre ... à la place du macdonald de Donetsk ils ont fait un Macdo communiste ... )
Moi qui ai eu une jeunesse politique très à gauche, je fus dégouté de l'URSS et du communisme soviétique.

Les gosses dans ces orphelinats sont le double voir le triple de ce qu'ils devraient être. 150 pour 5 femmes.
Certains sont handicapés, abandonnés car les parents ne peuvent plus s'en occuper.
Les orphelinats survivent grâces aux dons et aux jardins où tout le monde travail pour cultiver la bouffe.
Ironiquement, des ONG en tout genre ( notamment des ukrainiens vivant au Canada, les + généreux que j'ai pu voir ) offrent des ordinateurs portables à ces orphelinats.
On a donc des gosses qui jouent à Call of Duty en gueulant " crève soldat ukrainien " ou " crève soldat russe " suivant par qui leur famille a été tuée.

Un gosse a répondu au " coach "   ( ou " psy " ) que son projet d'avenir, était de massacrer tous les ukrainiens.
Gros silence de la part des adultes. Les enfants jouent comme si de rien n'était.

 

Au bout d'un an j'ai complètement oublié que c'était pour combler un coeur brisé que j'étais parti. J'avais honte de m'être autant apitoyé sur mon sort.
La seconde année, j'ai fait des photos pour une ONG franco ukrainienne qui fourni du matériel aux soldats ukrainiens.
J'ai donc été au front avec les parachutistes et forces spéciales ukrainiennes.
Là on est dans un scénario digne d'un film sur la guerre du Vietnam : allume ta clope, et ta cervelle sera de la confiture dans la seconde qui suit.
J'ai pas fermé l'oeil de la nuit.

En rentrant à la base j'ai joué avec le chiot qui dormait dans leur petite église, ou chapelle improvisée.
Je comprenais enfin pourquoi les soldats avaient toujours un chat ou un chien. C'est la seule chose qui t'aide à ne pas devenir fou, à rester un minimum humain au sens sentimental.
J'avais pas cogité que marcher entre les cadavres était devenu banal, même si dès le début ça ne m'avait pas dérangé. Mais pas laissé indifférent je dois le reconnaitre.
Niveau anatomie j'ai jamais autant appris en si peu de temps. Le corps humain est fascinant. Je savais pas qu'on pouvait se gratter la nuque avec son genou ! Certains cadavres y arrivent.

Pour prouver que c'est une invasion russe, j'ai pris des accessoires de nettoyage de fusil sur un cadavre. Les pseudo séparatistes sont en grande majorité des trouffions russes avec un équipement tellement récent qu'il est évident qu'il a été fabriqué bien après la dissolution de l'URSS. Impossible de croire un séparatiste osant dire " : ce tank, on l'a trouvé dans un village ukrainien. Ha il a été fabriqué en Russie l'année dernière ? Ha. Bah il devait dormir là depuis la chute de l'URSS, je sais pas moi ".
C'est devenu très facile de rire des russes et des pro russes en Europe.
Mais impossible de ne pas voir la misère et l'abrutissement du peuple ukrainien par son élite. Comme chez nous. Parait que c'est ça le progrès.
Autrefois ils faisaient la queue pour un ticket de rationnement, maintenant ils font la queue pour le dernier iphone. Sachant qu'ils gagnent 150 euros par mois, ils font un crédit sur 5 ou 10 ans pour se payer le dernier iphone à 1000 euros.

Difficile de soutenir un pays qui a soif de liberté, et qui confond consommation et liberté. En 5 ans ils sont devenus aussi décadents que nous. En Ukraine l'équivalent de Cyril Hanouna est un dieu vivant. L'équivalent de Nabila est un exemple à suivre pour les femmes. Je suis choqué et dégouté, on me prend pour un connard de français privilégié et hautain.
Sauf que les faits sont là : un ukrainien pollue comme 9 français. Leur consommation de plastique est impressionnante.
J'ai vu des villages  en zone de guerre dont le cimetière est recouvert de sac poubelles noirs, et les ordures volent.

2017, j'ai abusé du système ukrainien, on peut rester 3 mois sur place puis on doit repartir, et attendre encore 3 mois avant de venir.
Rien à foutre, je reste autant de temps que je veux et en sortant je paie l'amende de 30 dollars. Et j'attends 48H à Cracovie avant de retourner en Ukraine.
Ha cette douce Cracovie ... Devenue aussi un parc d'attraction à touristes. Sa petite soeur ukrainienne, Lviv ( Lwow en polonais, Lvov en russe ), autrefois dans l'empire polonais, est devenue exactement pareil.
Et  c'est ça que les ukrainiens veulent. Consommer. Depuis l'été 2017 ou 2016 j'ai oublié, ils n'ont plus besoin de visa pour aller en Europe. Je peux donc voir tous mes amis et contacts ukrainiens faire des selfies aux 4 coins de l'Europe, pour donner un sens à leur misérable existence. Et quand ils rentrent chez eux, ils retrouvent leur routes immondes, leurs immeubles dans un état tellement insalubre que chez nous ça serait détruit. Mais non, ils dépensent leur argent à frimer sur instagram.

 

Bref, je disais : 2017. Je ne supporte plus la photo de guerre, puis la photo avec les ONG que je faisais déjà depuis un an.
Je veux me lancer dans la mode, ça paie bien et gérer des jolies filles slaves c'est chiant mais quand le shooting est fini je peux aller me la couler douce.
Je vais donc vivre à Odessa ( l'équivalent de Marseille ) faire de la photo de mode / Mannequin , je passe donc ma vie sur les plages et en terrasse de bar et restaurant.
D'ailleurs c'est impressionnant ce que ça peut être vivifiant de vivre au bord de la mer. Je nage 2 ou 3 heures par jour, mon corps me remercie.

J'ai oublié de préciser qu'avant d'aller vivre à Odessa, j'ai passé juin / juillet 2017 à faire le tour des Carpathes; Les montagnes de l'ouest ukrainien. Passionnant, magnifique, bref des montagnes. Et j'adore les montagnes.


Aout 2017.... à force d'aller à la même plage tous les jours pendant un mois , je suppose que je me fais repérer. Odessa est une des villes les plus mafieuses du continent européen, et je prends trop mes aises dans une ville que je connais certes, mais en tant que touriste occasionnel.

Je me fais braquer. 20 000 euros de matériel photo, iphone, passeport, argent en liquide ( pas de compte en banque ) etc.
Ambassade de France en Ukraine qui me laisse crever comme un chien. 2 semaines à être SDF à dormir dans la bibliothèque de l'alliance française, organe dépendant de l'ambassade et étant censé donner des cours de français et promouvoir la culture française à l'étranger.
J'arrive à emprunter du fric à la famille d'ukrainiens vivants en France.
Je vais à Kiev, j'emprunte du fric à un journaliste français qui vit en Ukraine depuis presque 10 ans.
Je paie ce putain de laisser passer à 50 euros à l'ambassade de France, parce que sinon impossible de rentrer en France.
Très bizarre d'avoir quelqu'un qui te dit " faut payer un laisser passer 50 euros, on s'en bat la race si t'as plus rien ".
Si je ne connaissais personne, ils auraient fait comment ? J'aurais été le premier braqueur français en Ukraine, par pure pauvreté. Le joli gag aux infos TV.
Ha tiens ça me revient : J'ai aussi fait des photos auprès du bataillon Azov, un bataillon nationaliste, taxé de nazi par beaucoup de gens. Ils m'ont aidé à tenter de choper le voleur.
En fait c'était un mec qui avait lu mon histoire sur facebook, car les ukrainiens en parlaient.
Du coup un mec qui voulait une récompense pour la restitution de mon matériel s'est pris un joli coup de pression. J'ai réussi à lâcher un sourire, le seul de l'année 2017.


Je fais mon laisser passer auprès de l'ambassade de France à Kiev.
Je découvre que si j'écris " Kiev Paris " je dois donc prendre un billet d'avion Kiev Paris.
C'est 400 euros.
Putain de merde de bureaucrates et d'agences de voyage.
Le mec qui a son agence de voyage en face de l'ambassade de France a de la sympathie pour mon histoire, et mon pays qu'il apprécie. Il est arménien.
Il m'explique que si j'écris " Varsovie " , je vais donc aller en Pologne, et de là je suis en Europe donc je fais ce que je veux.
Il me fait une réservation pour un vol Kiev Varsovie.
Il imprime la réservation.
Il l'annule.
Avec le document imprimé je retourne à l'ambassade de France.
La réservation leur suffit, ils ne vérifient pas si elle a été annulée.
Je jubile.
Je vais à Varsovie.
Je rencontre un français d'origine polonaise qui est parti vivre en Pologne, à travers un site communautaire de style 9gag.
Il me prête environ 120 euros ( il me semble ) en cash, alors qu'on se rencontre pour la première fois, et qu'il ne sait rien de moi sauf mon histoire racontée sur internet.
Sa bonté me touche.
Il me fait visiter Varsovie, mais des coins que je ne connaissais pas.

J'ai oublié de préciser qu'avant de quitter Odessa, avec le fric emprunté à la famille d'ukrainiens vivants en France, j'ai acheté un petit Lubitel 166B.
Quitte à être foutu, autant s'amuser.
J'ai toujours voulu tenter le moyen format, c'est un coup de foudre assez étrange entre moi et cet appareil, et le moyen format.
Prix de l'appareil assez cher mais raisonnable en comparaison des prix français.
Prix des pellicules abusé, car tout ce qui est importé en Ukraine coute + cher qu'en France ( un iphone à 1000 euros en France coute 1200 euros en Ukraine. Donc une pellicule à 6 euros en France coute 8 euros en Ukraine ).
Tant pis je prend de la kodak tmax et trix, ce que je prenais pour mon Nikon F90X autrefois, avant de me mettre au numérique en 2008 avec le D300 dont je parlais au début.
à Varsovie ce nouvel ami me file des pellicules.
Je vais jusqu'à Prague où je rencontre un autre mec rencontré sur le site communautaire dont je parlais.
Il m'invite au resto, on boit des bières, il a l'air timide mais il est hyper cool. Bref je retrouve la Prague que je n'avais pas vue depuis mes 15 ans. Drôles de circonstances, mais l'émotion est là.
Je dois ensuite aller à Paris, où je suis né et mon père est toujours. Puis c'est la ville la + accessible en France depuis l'Europe de l'Est.
Pour le moment j'ai réussi à aller de Lviv à Cracovie avec un bus ukrainien tout pété.
Puis de Cracovie à Prague en Flixbus. En payant en cash à chaque gare.
Puis je réalise que tout cet argent emprunté, je vais devoir le rendre.
Puis je réalise que j'ai tout perdu, donc je suis au chômage.
Puis je réalise que de toute façon j'en ai plus rien à battre de rien.
Allez, " mister please, give me a ticket to AMSTERDAM ".
A peine arrivé à la gare je prend un ticket pour Bruxelles. Faut bien que je visite cette fameuse ville.
Ensuite je claque un max de fric en cannabis, et j'ai le sourire aux lèvres pendant 48H. Vive la Sativa

( le cannabis indica te fracasse, c'est ce qu'on consomme majoritairement en France, mais la Sativa te fait rire, te donne faim, et te rend créatif. Les américains fument surtout ça car on est moins un légume donc on peut profiter de la soirée voir continuer notre vie comme si de rien n'était ).
J'ai donc fumé pétard sur pétard avec mon Lubitel autour du cou, j'ai parlé à tout le monde, j'ai fait des photos floues, et j'ai admiré les dames qui vendent leur corps dans une vitrine rouge, parce que j'avais jamais osé aller voir ça de ma vie. Bon évidemment photos interdites donc je suis pas resté longtemps.

Ensuite je visite Bruxelles, les prix m'ont calmé donc je reste juste 24H le temps de manger une gaufre, de regarder la statue du mioche qui pisse, et comme je suis taquin je vais voir le quartier le plus célèbre de Bruxelles suite aux attentats en France. Molenbeek.
Je fais des photos de femme voilées dans le quartier, puis dans une laverie, je me fait embrouiller par le proprio et son pote, qui me séquestrent dans une autre boutique pour me faire une remontrance avec petit coup de pression pseudo mafieux pour savoir si je suis pas journaliste.
Encore une fois , ma tête de premier de la classe me sauve les fesses.
" Je suis juste un touriste ". J'insiste sur l'accent et les R, après tout mon père est Picard et la Belgique est un département français ( oui j'aime être taquin ).

" Ha vous êtes belge ? " me demande-t-il après ma phrase à l'accent forcé.
" non je viens de Picardie et je rend visite à de la famille qui habite dans le quartier ".
Ils me demandent mon hôtel, c'est une auberge de jeunesse / hôtel dont ils connaissent le propriétaire puisqu'ils lavent les draps pour lui.
Ils me rendent visite pour voir si je mens pas.
Je réalise que les belges sont adorables mais certains ont une araignée au plafond. Je découvre aussi que le quartier de la gare n'est pas le mieux fréquenté.


Ouibus pour Paris, contrôle de flic qui bloquent encore sur mon laisser passer, comme les flics allemands quand je venais de Prague, et me prennent pour un clandestin avec ma barbe de 6 mois pas taillée.
En 2016 je ne me suis pas rasé de l'année et on m'a pris pour un converti à l'islam. J'ai même été fouillé entièrement par les douanes polonaises à mon retour d'Ukraine, et la flic me sort " c'est pas vous sur le passeport , vous l'avez volé ". D'habitude je m'énerve vite, mais là je me tape un fou rire et je lui dis que si elle veut je me fous à poil et elle me fait un toucher rectal, ça fait longtemps qu'une jolie blonde ne m'a pas titillé la prostate.
Elle refuse.
Alors je lui explique qu'on a un passeport biométrique, donc on peut toujours s'en tenir aux empreintes digitales.
Elle prends mes empreintes, et me sort " ok vous pouvez y  aller ". Je lui fais un bisou à travers la vitre, elle rigole.

 

Bref, Bruxelles Paris en Ouibus.
à mon arrivé un ami photographe que je connaissais depuis à peine un an m'offre son Canon 1DS, son premier réflex numérique ( 2001 ou 2003 le machin ) avec un 17-40 f4.
On est le 12 septembre 2017 et nous sommes en pleine manifestation. On est tous les photographes en cortège de tête avec le black bloc et je suis totalement paumé et blasé de l'ambiance parisienne. Mais je fais des photos pour garder les habitudes : se cacher derrière l'appareil et penser aux photos permet d'oublier la réalité.

Je m'achète un 50 1.8, je fais quelques photos, son appareil est génial mais j'y arrive pas. Et mes amis ironisent sur le fait que j'ai passé ma vie avec du Nikon entre les mains et que je me retrouve avec du Canon, moi qui disait que c'est une marque pour les déchets de l'humanité ( j'adorais les guerres entre fan de matériel quand j'avais 20 ans ).

Fin 2017, un journaliste américain avec qui je vivait à Kiev est tué. Je l'apprends par son ex copine suédoise, également meilleure amie, avec qui on passait nos soirées en restaurant géorgien pour les grosses chicha et la bouffe qui plait à tout le monde.
Cet abruti a décidé qu'une année en Ukraine était suffisante pour avoir une base solide en tant que reporter de guerre, donc qu'il était mûr pour aller dans des lieux où ça chauffe beaucoup.
Il est donc mort peu après ses 26 ans, au sud Soudan.
Comme il était indépendant, sans carte de presse, pigiste, il n'était pas une priorité pour son gouvernement.
Une situation qui est aussi un problème en France avec tous les indépendants qui ont leurs photos dans les médias, mais ne sont pas reconnus comme journalistes.

2 ou 3 mois que j'étais rentré en France, j'étais paumé. Je ne faisais que lire apprendre dormir manger, planqué chez ma mère dans la ville où j'ai vécu après avoir quitté Paris. Petite ville de campagne où j'ai pu écouter le chant des oiseaux pendant des jours entiers.
3 mois que je suis rentré en France, je réalise que je ne fais plus rien de ma vie. Je suis un déchet.

J'ai claqué 200 euros pour faire développer, scanner, et planches contact de mes 9 pellicules de ce road trip au Lubitel 166B de Odessa>Kiev>Lviv>Varsovie>Prague>Amsterdam>Bruxelles>Paris.
Je suis dégouté.
L'autre membre de ce forum avec qui je suis en contact me dit que j'aurais mieux fait de développer moi même.
Il avait raison.

Sauf que le gag, c'est que ma chère maman qui a le coeur sur la main, donne la clé de sa maison à l'association Emmaus pous qu'ils récupèrent des objets qu'elle n'utilise plus.
Ces sacs à merde ont vidé la maison, surtout mon ancienne chambre avec ordinateurs, laboratoire photo, collection de livres DVD vinyles et j'en passe.

Donc développer des photos ? Faire des tirages ? Mon Agfa C66 m'a servi qu'à tirer des photos en 24x36, mais j'avais acheté cet agrandisseur exprès car il faisait du moyen format, ce que je comptais utiliser tôt ou tard.

Devant la facture douloureuse parisienne pour le développement de mes 9 pellicules, je me dis qu'il avait raison ce hipster du nord, à ce prix j'aurais dû acheter du matériel et développer moi même, au lieu de rester aigri à râler sur le passé.
Mais je suis un râleur, je ne supporte pas faire des erreurs.

J'achète donc du matériel, chimie, cuve, et des bouteilles d'eau que je vide pour stocker ma chimie, ce genre de bricolage à la con pour faire des économies, au lieu d'une bouteille accordéon etc. Il se trouve que dans la petite ville dont je parle sans mentionner le nom, il y a un mec qui a ouvert sa petite boutique de photo argentique.
Faudrait que je cite cette ville d'ailleurs. C'est Troyes. Et cette boutique c'est Nicablad.
( oui c'est donc Troyes où je suis parti vivre le jour de mes 18 ans, et que j'ai quitté quelques années après pour Montpellier. J'aime pas mentionner cette ville car je la déteste. Elle est le symbole du déclin français. Une ville riche en patrimoine mais qui se saborde et devient une fille fantôme connue uniquement pour ses magasins d'usine qui sont bien loin du centre ville ).
Je pars ensuite vivre à Dijon car des amis troyens y ont fait leurs études, et certains sont partis à Lyon d'autres restés à Dijon.
Je découvre que Dijon c'est Troyes en + grand. Donc abrutis consanguins, emmerdeurs ville morte et ambiance de merde. Dieu merci y'a Lyon. Sauf que ces connards de lyonnais se prennent pour des parisiens à stresser dans leurs 2 lignes de métro.
Je ne vivrais donc pas à Lyon, ça sera bien Dijon. Petit appart derrière la gare, ça donne sur le jardin botanique et le lac Kir, et je passe 2018 à me balader pour décompresser entre festivals et fumette avec des inconnus.
Je fais mes photos sur pellicules, j'ai un Pentacon Six TL qui est un moyen format d'Allemagne de l'Est ( oui j'ai toujours une passion pour l'URSS et le matériel soviétique ) qui me donne des photos bien + propres que le Lubitel 166B ( entre temps j'ai acheté un Diana et un Lubitel 2, mais ils me gavent donc ils dorment au placard ).
 

Après donc une année sabbatique bien chargée en émotion, je quitte 2018 pour attaquer 2018 avec de la motivation. 
En juin 2018 j'ai rendu le 17-40 f4 à mon pote, j'ai vendu le 50 1.8, j'ai vendu le Canon 1DS, j'ai pris un Fuji X100 à la place qui me donne l'air d'un touriste mais c'est pratique.
Et je l'utilise aussi pour faire des photos test avant de claquer de la pellicule.
Ou pour montrer l'ukrainienne que j'ai dans le viseur de mon moyen format sur instagram :


J'écris un livre sur mon vécu en Ukraine, je dessine les choses que je n'ai pas pu photographier, et soit je l'imprime et je fais le tour des festivals photo pour me faire connaitre, soit je démarche des agences que j'hésitais déjà à rejoindre ces dernières années.
En attendant, je dois avouer que je me la coule douce, je prends du poids avec le fromage et la charcuterie ( la bouffe ukrainienne est violente et grasse, mais à force j'en ai eu marre et je suis devenu végétarien car les légumes en Ukraine sont de très grande qualité vu que c'est la terre la + fertile d'Europe. Mais être végétarien par nécessité ça créé de la frustration, donc depuis ma sédentarisation récente je cuisine comme un dingue )

D'ailleurs si la modèle sur la photo vous plait, elle fait un petit tour d'Europe tous les 2 ou 3 mois pour des shooting.
La semaine prochaine je vais la shooter à Amsterdam. Elle dort chez une amie chez qui c'est mort pour faire des photos , donc on va faire du nu dans les petites ruelles. Si vous voyez un photographe avec un Pentacon Six TL sur une épaule, un Nikon F90X sur l'autre, un Fuji X100 autour du cou, du bide, et un gros pétards aux lèvres ( c'est Amsterdam j'ai le droit m'sieur l'agent ), en train de photographier une brune nue dans la rue, faites coucou.

Edited by Azety

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